Caron n’y consent

Publié le par Lionel Droitecour

Héraclès apportant Cerbère à Eurysthée, Hydrie à figures noires, vers 450 avant JC

Héraclès apportant Cerbère à Eurysthée, Hydrie à figures noires, vers 450 avant JC

Toucher, au calembour, le parfait de l’absurde,
Mécanique de sons que le sens contrefait,
Pareil à l’horloger du néant, satisfait
De savoir en son art le temps lui échapper.

N’en retenir ici que ce qu’on peut saper,
Lissant sa rime au gré d’une humble polissoire,
À s’en écarteler le sens et la mémoire
Pour se payer, pirouette, à l’écot d’une bourde.

Puis rire au nez, bien fort, de la vieille camarde,
Lui faire un croche pied pour dérider la Parque,
Comme d’un gros nez rouge un histrion se farde.

Puisqu’au soir en déroute il faudra qu’on s’embarque,
Qu’une fausse monnaie soit le prix du passage :
Si Caron n’y consent, qu’il ne tourne ma page !

août 2012

Publié dans Autobiographie

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