Hagard et nu

Publié le par Lionel Droitecour

Francisco Goya, (1748-1828), Disparate de carnaval, détail

Francisco Goya, (1748-1828), Disparate de carnaval, détail

À chaque jour suffit sa peine,
La mienne traîne, jour à jour,
Aux labours de chaque géhenne,
Aux antiennes du contrejour.

Et dans la nuit qui me gouverne,
En berne, où donc mon sombre fruit ?
L’ennui enlise ma giberne,
J’hiberne au songe où tout me nuit.

Le temps est là, comme une lame,
Autant la trame indifférente
Qui hante la pente de l’âme ;

Et je déclame au soir venu,
À l’inconnue qui me tourmente,
Démente, et chante, hagard et nu.

juin 2015

Publié dans Névrose

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