Porte close

Publié le par Lionel Droitecour

Les rayons et les ombres, aquarelle d'Albert Hartweg, détail

Les rayons et les ombres, aquarelle d'Albert Hartweg, détail

Le libraire à fermé, sa boutique est déserte ;
On n’a pas tiré le rideau : une affichette
Invite le chaland à passer son chemin.
La vitrine est vidée mais, en regardant loin,

Dans la pénombre ont voit volumes oubliés…
Comme jonchée d’automne à l’air de supplier
Le vent qui la chahute et pousse son murmure ;
Un titre, deviné, fait comme une échancrure

En mon cœur attristé face à la porte close.
Hier je portais là mon âme un rien morose,
Essuyant ma tristesse aux pages des vieux livres.
Comme un prince indulgent, magnanime, délivre

Un mortel de ses fers, j’emportais quelquefois
Une âme dissidente accordée à ma voix ;
Échangeant la poussière en la vieille boutique
Pour celle de mon antre où sont mes chœurs antiques.

Et, parmi leurs pareils, entre mes rayonnages,
J’appareillais ces mots à mille autres voyages,
Spectateur immobile appuyé au lutrin
Où mon âme tranquille espérait le matin.

janvier 2008

Publié dans Sensation

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alain l. 13/03/2017 09:21

Salut Lionel ...
Beau poème qui m'a fait tout de suite penser au concert de Renaud , Samedi soir à Besançon, et à sa chanson ... Les Mots ...

Je reposte ...

@t
alain