Celui qui reste

Publié le par Lionel Droitecour

... Hélas ! Le point du jour a tôt fait de s’éteindre, / Et toutes ces clartés convergent vers le soir ...

... Hélas ! Le point du jour a tôt fait de s’éteindre, / Et toutes ces clartés convergent vers le soir ...

Encore un petit mot avant que je n’oublie...
Je t’ai aimé, vois-tu, certes, nous étions deux.
Cela nous a suffit dans la marée des jours
Et, devant le gros temps nous fîmes le gros dos.

Las, je suis effaré devant ma solitude
Et ce mur que la mort a dressé entre nous,
L’immatériel silence en nos conversations
Et ce deuil à mes pas qui va s’exaspérant.

J’ai perdu désormais cette sente futile
Où nous marchions chacun, tendrement, de concert,
Non point toujours unis, mais si souvent ensemble
Et dans un même chœur cultivant l’harmonie.

Lyre désaccordée, je m’éveille en ce bruit
D’un monde où s’est faussé mon propre diapason
Et toutes ces musiques, en vain, partitions,
Que nous ne jouerons plus d’une même frairie.

Nous nous étions promis de ne pas nous quitter
‒ L’éternité ne coûte qu’un mot aux amants,
La jeunesse s’en fait un sarment d’illusion
Et regarde, pensive, aux horizons offerts.

Hélas ! Le point du jour a tôt fait de s’éteindre,
Et toutes ces clartés convergent vers le soir.
Qu’elle est pâle l’étoile aux frontons de la nuit,
Dans cette immensité qui, jadis, nous parlait !

Et je n’ai plus l’amorce d’une certitude,
Le vide en son néant guette ma finitude,
Celui qui reste, amer, n’a plus d’autre demeure
Qu’un souvenir éteint au chevet de l’absence.

mars 2015

Publié dans Solitude

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Avisferrum 28/04/2017 12:42

Merveilleux poème (un de plus parmi tant d'autres), qui parle à l'âme et au cœur, merci !