Verbe mort

Publié le par Lionel Droitecour

Egon Schiele (1890-1918), Mort et jeune fille, détail (1915)

Egon Schiele (1890-1918), Mort et jeune fille, détail (1915)

À nulle foi je ne consens,
Ce sont contes pour les enfants,
Volutes et vapeurs d’encens,
Du vide en des chœurs triomphants.

Toutes ces choses sont humaines,
Au lieu où la parole est vaine
Les livres saints ne sont que chaines,
Et servitude est en leur traîne.

Asservie à un verbe mort
L’angoisse en nous, vibrant exemple,
Intacte nous vrille et nous mord.

Mais vivre encor, vivant remord
Dupe de soi, dans le vil temple,
Où la camarde nous contemple !

mars 2013

Publié dans Spiritualité

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Lionel Droitecour 04/05/2017 09:49

Accéder à l'ultime vérité ?
Certes, à la fin de nos vies, et cela s’appelle la mort, la grande inconnue, l'insaisissable, l'inconnaissable...
Je te conseille vivement la lecture du vaste ouvrage consacré à la mort ( c'est son titre) par Vladimir Jankélévitch. Ce grand entourloupeur consacre près de mille pages à nous dire, en gros, qu'il n'y a rien à en dire puisque nul n'en est jamais revenu.
"Tacet" comme on lit parfois sur les partitions, lorsque le chœur ou le soliste doit faire silence,tandis que la musique continue.
Sans nous, donc ;)

Avisferrum 04/05/2017 11:31

L'ULTIME vérité je ne sais pas, il est fort à parier que pour notre condition humaine elle soit, comme tu le dis par ailleurs, "inconnue, insaisissable, inconnaissable" !

Sur le livre "La Mort" de VJ, mille pages pour arriver à la conclusion qu'il n'y a rien à dire, pourquoi pas, après tout, nous passons bien pour la plupart toute notre vie à courir après des chimères, pour souvent arriver à la grande question finale "Tout ça pour ça ?"
Pour l'anecdote j'ai trouvé sur Amazon un commentaire (de lecteur) marrant sur cet ouvrage :

"Lourd et consistant, le sujet est loin d'être vulgarisé. J'ai laissé tomber au bout de 20 pages. Sauf si vous aimez les phrases du style :
"L'indicibilité tient évidemment au caractère vague, confus et diffus, à l'indétermination même de l'événement qui écourte notre temps vital. (…) le caractère évasif de la finitude mortelle est comme un défi au logos, si la vocation du logos est de déterminer et de préciser."

Fermez le ban ! :-D

Le sujet est vaste, j'espère que nous pourrons très prochainement en deviser de vive voix, de ça ou d'autres choses, d'ailleurs, ce serait un grand plaisir de revoir ton auguste personne ! ;-)

Avisferrum 04/05/2017 07:29

"À nulle foi je ne consens"
Hmm... Je crois que tout humain a foi en quelque chose, ne serait-ce qu'en ses croyances ou opinions... Vivre sans aucune foi me parait difficile, même si ce serait sans doute une forme ultime de libération !

Mais tu dois sans doute faire allusion à la foi en une religion :
"Les livres saints ne sont que chaines,
Et servitude est en leur traîne."

Certes, si on considère les religions telles qu'elles existent et ce que les hommes en ont fait, de vastes programmes d'asservissement et d'abrutissement des masses.
Mais je crois que rejeter toute spiritualité serait une erreur, car au contraire elle seule peut nous libérer de nos chaînes.
Nos "gardiens", pour qui nous ne sommes que du bétail, ont tout intérêt à ce que nous n'ayons plus foi en rien, excepté leurs dogmes et leur "programme" qui nous font tourner en rond dans leur monde d'illusions. Un exemple frappant est donné dans le (pas si) roman "1984" d'Orwell, que je suis en train de relire.
Céder à la tentation de rejeter tout ce qui est hors de notre vision étriquée est renoncer à tout espoir d'accéder un jour à la Vérité.

damiax 03/05/2017 08:57

sacrilège !!!
"sens commun" et "civitas" vont te hacker ton blog ...;)