Vieille guenille

Publié le par Lionel Droitecour

... Et le ressouvenir en frémit sous l’invite, / Dans le murmure éteint d’une vieille guenille ...

... Et le ressouvenir en frémit sous l’invite, / Dans le murmure éteint d’une vieille guenille ...

Il n’est d’autre remord, au vrai, que le désir,
Ce qui de nous s’échappe en la tombée du soir,
Et cet amer regret du temps où l’on grappille,
Sans songer à demain, des fleurs, en chaque rive.

Oh, l’élan d’autrefois en la source native,
Les vaines arguties au sommet de la trille,
Ce chant sans queue ni tête où l’âme a son miroir
Que l’on nomme jeunesse et qui s’en va périr.

On meurt à soi, d’abord, avant de défaillir,
À n’être qu’un écho le cœur se déshabille
Puis le corps nous trahit, perclus, qui se délite.

Et le ressouvenir en frémit sous l’invite,
Dans le murmure éteint d’une vieille guenille,
Ce fantôme d’ego qui ne veut pas mourir.

août 2015

Publié dans Fongus

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