Banc de nage

Publié le par Lionel Droitecour

... Et la vague qui bat ma coque en sa déroute / Chavire peu à peau de l’étrave à la soute ...

... Et la vague qui bat ma coque en sa déroute / Chavire peu à peau de l’étrave à la soute ...

Je m’épuise de mots et de vaines paroles,
J’écris comme un damné, trainant parfois des grolles ;
Puisque je sens venir cette nuit qui m’appelle,
De ma chaîne, forçat où camarde me hèle.

Le corps suit comme il peut quand je serre les dents,
Et je guette l’écho du mal en mes dedans
Pour en transcrire, amer, le fiel de ce ressac
Aux marées dont j’emplis de verbe mon bissac.

Je suis ce vain navire échoué sur l’écueil
La bise, entre mes ris déjà chante mon deuil,
Et la vague qui bat ma coque en sa déroute

Chavire peu à peau de l’étrave à la soute ;
Je vais périr, tantôt dans l’effroi du naufrage,
Délivrant mon remord, enfin, du banc de nage.

décembre 2015

Publié dans Fongus

Commenter cet article

damiax 10/05/2017 08:51

Magnifique celui-là ...
Mais t'as juste pas le droit d'écrire ça quoi ...!

Lionel Droitecour 10/05/2017 09:10

Écrit en décembre 2014. Quinze, seize & dix-sept ont suivi... je ne sais pas si c'est de l'espérance, mais, à tout le moins, de la constance ;)...