En l’onde de la mer

Publié le par Lionel Droitecour

... Cette stance inféconde, amère, inconfortée / En l’onde de la mer, pitoyable chalut ...

... Cette stance inféconde, amère, inconfortée / En l’onde de la mer, pitoyable chalut ...

J’ai été celui-là qui tremble et puis se tait
Dans l’enfance meurtrie, au seuil adolescent,
Désorienté toujours, à jamais en errance,
La violence des cris, empreinte à mon oreille.

Souvent je ralliais, quand succombait ma veille,
Lorsque la nuit frappait son glas de remembrance,
Cet antique chagrin, toujours incandescent,
Braise en l'âtre qui meurt où la peur subsistait.

On n’échappe jamais aux blessures premières
C’est une trame en nous, une sente tracée,
Une ronce accrochant, griffant nos cœurs à nus,
Longtemps après le temps, quand plus rien ne subsiste.

La peine, la douleur, en nous, croît et s’enkyste,
Nous scellons notre tombe aux bonheurs inconnus
En la crypte où surit, dans notre âme agacée,
Ce fruit désespéré en ses âpres litières.

On cherche à reculons sa planche de salut,
Comme le naufragé l’épave à sa portée,
L’amour qu’on porte en soi, au chant de la rencontre,
Tout à la fois offert et retiré du monde.

Mais aux rives du soir, quand le désir s’émonde,
Elle renaît, écho, déchant de malencontre,
Cette stance inféconde, amère, inconfortée
En l’onde de la mer, pitoyable chalut.

mars 2013

Publié dans Résilience

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