Pâles rictus

Publié le par Lionel Droitecour

Le Caravage, (1571-1610), Garçon mordu par un lézard, 1594, détail

Le Caravage, (1571-1610), Garçon mordu par un lézard, 1594, détail

Il est quelque chose d’aride,
Quand le verbe épand ses complots
Dans le désert d’un cœur avide,
Dessous l’envers de nos yeux clos.

Là, dans le silence des nuits,
Où vient bruire ce concerto,
Desséchés sont nos vagues fruits,
Nos saisons grevées d’un véto.

Et dans nos greniers de misère,
Une moisson meurt sans promesse,
Stérile, germe sans lumière.

Ainsi vont dans nos ambitus
Nos mensonges tenus en laisse
Grimés de nos pâles rictus.

octobre 2012

Publié dans Spiritualité

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Avisferrum 26/05/2017 08:47

Merci pour ces explications, qui éclairent en effet ce tableau (dont il existe deux versions, je crois) d'une lumière nouvelle !
Hasard du calendrier la chaîne TV "Histoire" (que je n'ai point) passe ce soir un reportage sur cette toile :

"23:20
A chaque tableau son histoire
Episode 5 : Garçon mordu par un lézard
Documentaire

Présenté par Waldemar Januszczak
Année de production
2004
Nationalité
Grande-Bretagne

Avec cette série, Waldemar Januszczak a la ferme intention de nous révéler ce qui se cache derrière certaines des peintures les plus célèbres du monde comme "La Joconde" de Léonard de Vinci, "Le déjeuner sur l'herbe" de Manet, "La naissance de Vénus" de Botticelli… Des histoires inattendues et surprenantes vous attendent ! Dans cet épisode, le critique d'art britannique s'intéresse à un tableau célèbre du Caravage : "Garçon mordu par un lézard" qui représente une intrigante rencontre entre un humain et un reptile. Pourquoi le lézard mord-il le garçon ? Pourquoi Le Caravage a décidé de peindre cette scène ? Pour le comprendre, Waldemar nous emmène à Rome..."

Je vais essayer de trouver ça en "replay" !

Avisferrum 20/05/2017 07:21

Joli poème, cher ami, mais ce qui m'a le plus interpellé est le titre de l'illustration "Garçon mordu par un lézard" ...
Tu as déjà été mordu par un lézard, toi ??
Bon, il est vrai que sous nos latitudes ces sympathiques reptiles restent de taille modeste, peut-être ce garçon séjournait-il sur l'île de Komodo, dans ce cas... :-D

Lionel Droitecour 20/05/2017 12:33

Il faudrait pouvoir demander au Caravage en personne, peut-être les lézards étaient-ils plus virulents, en Italie, à la charnière des XVIe et XVIIe siècles.
Maintenant, cet illustre représentant de l'art pictural parsemait volontiers ses toiles de détails énigmatiques, peu compréhensibles, désormais. Ainsi usait-il d'une symbolique qui nous échappe, à la manière dont s'échapperait entre nos doigts ledit reptile, visible néanmoins sur le tableau qui a, ici, été rogné pour rentrer dans le format que je m'impose.
Et puis le grand peintre était homosexuel, le rictus du jeune homme, la morsure infligée au garçon par la méchante bébête, étant peut-être une métaphore prêtant à d'autres interprétations, plus ou moins scabreuses. La chose demeurant, malgré tout, assez mystérieuse.
Reste que la toile est somptueuse, comme toutes celles attribuées à un maître qui mourut bien trop tôt (38 ans) , entouré d'une grande estime parmi ses pairs. Nombreux furent ceux qui l'ont imité, créant une école dite du « caravagisme », ce qui complique parfois l'attribution de certaines ses œuvres.
Sa renommée, quant aux faits de son existence, étant parfois sulfureuse, quoique infligée par des biographes peu scrupuleux, l’imagination palliant en ces temps anciens, et à bon compte, au récit de la simple vérité…

LADY MARIANNE 17/05/2017 08:32

quel visage grimaçant- pauvre enfant-
bravo pour tes poèmes- quel talent !!
bon mercredi- bizzz