Vil corbeau

Publié le par Lionel Droitecour

Ernest Bordes (1852-1914), Attila consulte les aruspices avant la bataille de Châlons, détail

Ernest Bordes (1852-1914), Attila consulte les aruspices avant la bataille de Châlons, détail

Si le temps ne s’arrête pas,
La mémoire fige l’instant ;
Si l’eau sur la rive est enfuie,
Il reste le pont Mirabeau,
J’y retourne chercher ma vie,
À tout le moins, ce qu’il m’en reste.

C’est mon humble chanson de geste,
Qu’un remous familier convie ;
Seulement le grave tombeau,
Saura en dissiper la pluie,
Son terme en frein au cœur constant,
Qui bat sans mesurer son pas.

Que sera l’ultime repas,
Aurais-je enfin le cœur content ;
L’avenir est comme la suie,
L’aruspice est un vil corbeau,
La route sans cesse dévie,
Chaque jour est un palimpseste.

octobre 2013

Publié dans Le temps

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