D’un noir sang d’encre

Publié le par Lionel Droitecour

... Voyez ce chevalier à la pauvre figure,/ Prisonnier de son rêve, absurde pilori, ...

... Voyez ce chevalier à la pauvre figure,/ Prisonnier de son rêve, absurde pilori, ...

Pourvoyeur attentif de ma propre détresse
Je travaille sans fin à saper mon bonheur,
Délavant mes regards au fiel de l’amertume,
Je peins la nuit sur l’onde et le drame en plein ciel.

Et le vivre, à mes reins, coule, superficiel,
Au reflux de mon sang l’autodafé s’exhume ;
La culpabilité, au chant de mon malheur,
Est leurre où je m’exhibe en relent de tristesse.

Voyez ce chevalier en sa triste figure,
Prisonnier de son rêve, absurde pilori,
Qu’il construit de ses mains en sa quête nocturne.

Et, pauvre écrivaillon relégué en sa turne,
D’un fusain de charbon son cœur endolori
Trace d’un noir sang d’encre une morne rature.

juillet 2012

Publié dans Névrose

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Avisferrum 27/06/2017 16:56

Prisonnier de son rêve... C'est tellement vrai !

Très beau poème qui énonce beaucoup de vérités sur notre paradoxale condition humaine...