Quarantaines

Publié le par Lionel Droitecour

... J’aimerai tant connaître, encor, l’aimable joute, / Et le tendre babil de l’oiseau roucouleur ...

... J’aimerai tant connaître, encor, l’aimable joute, / Et le tendre babil de l’oiseau roucouleur ...

Un peu plus loin, là-bas, de verts enfants discutent.
Je n’entends pas les mots mais le chant de leur voix,
Leurs accents, leurs éclats. Cela monte, descend,
C’est un flot de questions, des « pourquoi ? », des « comment ? »

Un adulte, avec eux, sans doute, par moment,
Calme ce flot limpide et les rires naissant.
Comme cela est doux, hélas, mais loin de moi,
Quand de sombres pensées, dès lors, me persécutent.

J’ai vieilli de tous bords, mes joies sont incertaines,
Je ne sais où viendra ma prochaine douleur,
Chaque jour une ride à mon âme s’ajoute.

J’aimerai tant connaître, encor, l’aimable joute,
Et le tendre babil de l’oiseau roucouleur
Qui danse à la fenêtre où sont mes quarantaines.

février 2014

Publié dans Enfance

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Avisferrum 22/06/2017 21:16

Magnifique poème, cher ami...

L'idéal serait de pouvoir marier l’innocence et la faculté d'émerveillement de l'enfance à la sagesse et au détachement serein de l'adulte accompli, malheureusement la majorité d'entre nous n'arrivera ni à l'un ni à l'autre, mais restera coincé dans l'illusion terne et tourmentée de ce monde éphémère... sans autre perspective que de voir la Camarde mettre un terme à cette danse pathétique et désarticulée.