Au chant de l’équinoxe

Publié le par Lionel Droitecour

Antonio CANOVA (1757-1822) Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, détail

Antonio CANOVA (1757-1822) Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, détail

De même on peut pleurer de joie,
On peut sourire de douleur,
Mystérieuses en nos crânes,
Peines, bonheurs, ont mêmes vannes.

 

Et l’âme se trouble confuse,
Bouleversée, longue, diffuse ;
Notre psyché, telle un fouleur
Piétine où l’inconscient nous ploie.

 

Mort, en son ravin d’ombres closes
Patiente, aiguise le néant ;
De verbe abusées, de paroles,
S’abîmeront nos farandoles.

 

Consumées de leurs propres flammes,
Nos raisons, nos doutes, nos trames,
Tentent ici-bas contrechant,
Vocables, poèmes ou proses.

 

Mais le silence est notre empire,
Nos corps, sous l’emprise du temps,
Regards vides et transpercés,
Sont en l’obscur bientôt versés.

 

Et devant le ciel qui nous ment,
Figés, roides, sans mouvement,
Ancres perdues aux cabestans,
Nos étraves passent sans bruire.

 

Habités de ce paradoxe,
Absurdement, dans l’infini,
Finis de notre finitude,
Nous fleurissons notre hébétude.

 

Du rire aux larmes c’est tout comme,
Tout fait chagrin au cœur de l’homme ;
Même l’amour, catimini,
Nous quitte au chant de l’équinoxe.

 

janvier 2013

Publié dans Spiritualité

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