Au déchant de la fuite

Publié le par Lionel Droitecour

George Cruikshank (1792-1878), « les enfants de l’ivrognerie », planche n° 2, détail

George Cruikshank (1792-1878), « les enfants de l’ivrognerie », planche n° 2, détail

Amis je récidive à la dive bouteille !
Je veux boire, ce soir, à tomber de ma chaise,
Quand ma bouche cariée, avariée par l’excès,
Ne saura plus béer, même pour entonner.

Allons, l’ivresse presse et je veux m'en donner !
Pour mes bitures ce ne sont là coups d’essais,
Surtout pas de vin vieux, luxe, triste foutaise :
Qu'on verse du rouquin en ma trogne vermeille !

Et, face au petit jour que mon aube agonit
Si tiens encor debout aux débours de ma cuite,
Je chercherai la rade, la fille ou le port

Pour m'en aller gésir en attendant la mort.
Là, maudirai le sort autant qu'il me honnit,
Terrassé, aux remords de l'impossible fuite.

juin 2010

Publié dans Névrose

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