Au néant de nos yeux

Publié le par Lionel Droitecour

... Comme dans Cyrano, vain donneur de séné ...

... Comme dans Cyrano, vain donneur de séné ...

Le sourire contraint et la mine gênée,
Deux inconnus, là sur le quai, vont se parler.
Car il n’est pire chose, enfin, que le silence
Et puisqu’on est ensemble, il faut que l’on babille.

Lors, on cause du temps pour tenter une vrille
À percer cette armure en nulle violence,
En l’allée du paraître un verbe vient sarcler
La bonne convenance où connivence est née.

La solitude, alors, se partage de peu,
On donne à minimum et l’on vend ce qu’on est,
Ou ce qu’on en connait, déguisant l’essentiel.

En ce vague ballet, inepte sous le ciel,
Comme dans Cyrano, vain donneur de séné,
On encercle le vide au néant de nos yeux.

novembre 2012

Publié dans Sensation

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