Aux plis d’un contrechant

Publié le par Lionel Droitecour

... Inspiré, quelque fois, par la muse propice, / L’amateur à pour lui d’être ce cœur épris ...

... Inspiré, quelque fois, par la muse propice, / L’amateur à pour lui d’être ce cœur épris ...

C’est un premier degré donné à la musique.
Les voix sont sans apprêt, droites et peu subtiles,
Mais franches, bien conduites, pures, lumineuses,
Qui fuguent, en écho, l’antique contrepoint.

Loin des perfections, un concert, en ce point,
Peut révéler, soudain, des fontaines heureuses,
Dans l’élan rassemblé des âmes pulsatiles
Il est, plus qu’une épure, une onde véridique.

Dans l’aube surannée d’un rite solennel
Le musicien, blasé, perd de vue le ciboire,
Dans la forme il s’emploie, sans retrouver l’esprit,
L’art à ce jeu devient laborieux artifice.

Inspiré, quelque fois, par la muse propice,
L’amateur à pour lui d’être ce cœur épris
Qui transcende un vil plomb hors d’une tour d’ivoire,
Ambroisie partagée dans un chœur fraternel.

À l’improviste, alors, objet de cette offrande,
Touché par une grâce en la courbe d’un chant
On communie ainsi, aussitôt à l’instant,
Troublé, conquis, charmé, sans un mot pour le dire.

Seul, un poète abscond essai de le décrire,
Il s’attache aux rumeurs du hasard inconstant,
Bribes, qui froissent l’air aux plis d’un contrechant,
Vague célébration d’une humble sarabande.

novembre 2013

 

Publié dans Musique

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