Carmin

Publié le par Lionel Droitecour

Egon Schiele (1890-1918), Les amants, 1917, détail

Egon Schiele (1890-1918), Les amants, 1917, détail

Je sais l’âpre repos qui suit les bons tourments,
Quand, sur ton beau sein lourd posant ma tête lasse,
Je hume, après l’extase, en un calme bonheur,
Le doux reflux de l’onde où il faut s’apaiser.

Il me semble qu’alors je n’ai plus de baiser
Assez doux pour fleurir ton front plein de candeur,
Là, dans le court instant où l’éternité passe,
En l’entre-deux songeur qui unit les amants.

Il s’y love déjà, le serpent qui nous mord…
Car nous sommes voués à la dislocation,
Drame renouvelé, perdition de l’humain

Que la chair emprisonne ! Seul le plaisir carmin
Sous le ciel idolâtre, en l’humble carnation,
Proclame notre alliance en conjurant la mort.

novembre 2006

Publié dans Amour

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Evy 29/08/2017 16:00

Beau partage