Étiage

Publié le par Lionel Droitecour

... Je me sens étranger du lieu même où je suis, / Nul et non avenu ...

... Je me sens étranger du lieu même où je suis, / Nul et non avenu ...

Il sera temps bientôt de plier mon bagage,
Et, déjà sur le quai, je regarde passer
Autour de moi ces gens qui semblent se hâter,
Projetant, sans cesser, un désir hors d’eux même.

Suis-je de cette engeance au fil de mon poème ?
Suis-je ce fruit pressé, aux branches, de gâter,
Ce clou toujours un clou occuper à chasser,
Dans la presse du jour affamé d’un voyage ?

Je me sens étranger du lieu même où je suis,
Nul et non avenu je sais mon héritage
Et vaine est la promesse, hélas, du jour menteur.

Je demeure, floué par le bonimenteur,
Souillé d’un verbe mort à l’instant de l’étiage
Crépuscule sans nom où nul espoir ne luit.

avril 2012

Publié dans Sensation

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Avisferrum 10/08/2017 14:16

Magnifique poème !

"Il sera temps bientôt de plier mon bagage,
Et, déjà sur le quai, je regarde passer
Autour de moi ces gens qui semblent se hâter,
Projetant, sans cesser, un désir hors d’eux même."

Ça me fait penser un peu à une chanson d'Axelle Red "Je t'attends"

"Tous ces gens qui passent autour de moi,
Dans la ville
Ces gens qui courent et qui marchent au pas,
Ou vont ils ?
Est-ce le vent qui les pousse
Vers d'invisibles rêves ?
Que voient-ils au bout de leur course,
Quand le brouillard se lève ?"