Braise tiède

Publié le par Lionel Droitecour

Edgar Degas(1834-1917), L’Absinthe, détail

Edgar Degas(1834-1917), L’Absinthe, détail

Parmi les hommes suis le plus banal au monde
Au silence il se peut que j’arrime faconde,
Mais c’est par devers moi et, de mon chant secret,
Nul ne veux ennuyer : je suis bavard discret.

Au reste ces paroles, d’aucune importance
Ne sont que, murmurée, une imparfaite stance ;
Je ne suis cet artiste, poète ignoré,
Qui geint sa logorrhée en l’absence, éploré.

Non, je ne noierai pas ma muse dans l’absinthe,
Je ne suis ce maudit, effaré de sa plainte,
Qui tricote l’absconse étendue d’un propos,

Dans une imprécation sans trêve ni repos.
Là, je m’en vais moucher dans mon âtre bourgeois,
Tel l’apôtre, serein, ma braise qui rougeoie.

mai 2016

Publié dans Art poétique

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