En l’infini de l’âge

Publié le par Lionel Droitecour

... Je ne serai jamais que cet agonisant / Dont la coque crevée n’écoute que le vent ...

... Je ne serai jamais que cet agonisant / Dont la coque crevée n’écoute que le vent ...

Laisse-moi déserter un instant la coupole,
J’ai besoin d’air léger plus que pieuse parole,
Et l’austère équipage attelant nos marées
Épelle en moi, charroi, élingues chamarrées.

Ainsi la voile vaut ce que vaut le cordage,
Le mat se tend, rêveur, en l’infini de l’âge,
Et mon voyage n’est, en l’onde intérieure
Que cet écho lointain d’une rive ou d’un leurre.

J’en ferai quelque temps, à rime accastillé,
La redondance écrue de mon vers dessillé,
Aux marges déployées d’un poème au long cours.

Là, dans ma cale sèche, appareillé aux jours,
Je serai le remords d’un rêve agonisant
Dont la conque crevée n’écoute que le vent.

février 2013

 

Publié dans Marine

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Avisferrum 06/10/2017 11:07

"Laisse-moi déserter un instant la coupole,
J’ai besoin d’air léger plus que pieuse parole"

Très joliment dit, comme tout le reste, merci pour ces beaux textes !