Glose d’espérance

Publié le par Lionel Droitecour

... Le corps en berne, cœur en perce, l’âme folle / J’immole mon poème aux travées du non-dire ...

... Le corps en berne, cœur en perce, l’âme folle / J’immole mon poème aux travées du non-dire ...

En vérité cela est bien triste à mourir,
Tel l’« Usque ad mortem », d’une antique prière :
Quand ce n'était qu’un mot, désincarné et vague.
Frileusement réduits au manque qu’il génère,

Dans la calme torpeur du mal où il prospère,
Je comprends désormais ce qu’en moi il élague
Ce verbe ténébreux, pareil à l’étrivière.
Echeveau dérisoire où rime vient courir,

Marée des songes morts sur l’âme en déshérence,
Il me transcende autant qu’il m'ancre où je chavire.
Et m'en vais en boitant, infirme de parole,

Le corps en berne, cœur en perce, l’âme folle
J’immole mon poème aux travées du non-dire,
Pour troquer ma défaite en glose d’espérance.

juin 2016

Publié dans Fongus

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