Implacable glas

Publié le par Lionel Droitecour

... Tandis qu’Œdipe, enfin, oracle aux yeux crevés, / Fuit l’implacable glas des destins achevés ...

... Tandis qu’Œdipe, enfin, oracle aux yeux crevés, / Fuit l’implacable glas des destins achevés ...

Et s’il n’était plus temps, puisque le temps nous quitte,

Que tout ce qui nous fuit jamais ne nous habite

Et que le souvenir est un menteur savant,

Faisons nous autrement que de vivre en rêvant ?

 

Images projetées toujours, devant nos yeux

Êtes-vous le fantasme d’un cerveau curieux

Qui s’invente à l’instant, en chaque battement

D’un cœur qui faillira, inéluctablement.

 

Et ne sommes-nous donc, récit fait à soi-même

Qu’une énigme portée par un vain théorème,

Appelée à dissoudre en Thèbes sa disgrâce ?

 

Et le frère ennemi qu’on berce, nous embrasse

Tandis qu’Œdipe, enfin, oracle aux yeux crevés,

Fuit l’implacable deuil des destins achevés.

 

décembre 2015

Publié dans Le temps

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damiax 13/09/2017 08:28

"Et s’il n’était plus temps, puisque le temps nous quitte,
Que tout ce qui nous fuit jamais ne nous habite
Et que le souvenir est un menteur savant,
Faisons nous autrement que de vivre en rêvant ?"

ça j'aime beaucoup !

et si le cœur t'en dit et l'énergie te le permet,
des nouvelles de toi je ne refuserai pas !

Lionel Droitecour 13/09/2017 09:53

Des nouvelles de moi je te donnerai donc.
Quoiqu'on puisse considérer qu'à raison d'un poème par jour, je résonne en tes oreilles...
Aujourd'hui je m'en vais valser sur un air de Strauss, Paul de son prénom... Il faut parer à la recrue d'essence des cellules et libellules qui bouffent mon mignon trognon.
Or donc, si le moral est bon, mon cancer se porte bien...