Soleil d’angoisse

Publié le par Lionel Droitecour

Gustave Doré (1832–1883) gravure pour « Le Petit Poucet », détail

Gustave Doré (1832–1883) gravure pour « Le Petit Poucet », détail

L’enfance est un sanctuaire où l’espérance habite.
Celui qui le profane et froisse cette image,
Celui qui le corrompt et rend indélébile
Une infecte souillure assassinant une âme,

Ce vil profanateur est plus encor qu’infâme.
Il a gauchit un cœur entre ses mains, ductile,
Balafrant un corps nu d’une empreinte d’outrage,
Impur et défloré dans sa pudeur détruite.

Oh, le pauvre enfançon, déshabillé sans honte
Par le désir pervers d’une main qui le poisse,
Dans l’inquiète rumeur d’une possession creuse ;

Saccage épouvantable, en cette peur affreuse,
Où l’ogre, désormais, dans un soleil d’angoisse,
Dévore le Poucet avant la fin du conte.

avril 2010

 

Publié dans Résilience

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