Lices de l’absence

Publié le par Lionel Droitecour

Licteur, musée archéologique de Vérone, © José Luiz Bernardes Ribeiro

Licteur, musée archéologique de Vérone, © José Luiz Bernardes Ribeiro

Je n’ai su faire ici tenir cette rengaine,
J’y reviendrai demain pousser mes chansonnettes :
L’air, je le sais déjà. Et ma libre parole
Y saura s’engouffrer ainsi qu’en sa caverne

Un vieil ours. Seul, je suis, et longuement j’hiberne,
Dans le sein refroidi de quelque parabole.
Dans l’ombre, infatué, j’ânonne mes sornettes,
Moine désabusé en sa plate neuvaine.

C’est là l’austère empois de ma religion,
Le rite où je m’astreins en l’orée du silence.
Et, parfois, j’en souris aux pavois de la lune,

Au milieu de la gent, ermite de fortune.
Mes vers, à la parade, aux lices de l’absence,
Sont liges et licteurs de ma creuse légion.

février 2015

Publié dans Art poétique

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