Cancer

Publié le par Lionel Droitecour

« Mais ça va bien, vois-tu, il ne faut pas t’en faire… »

« Mais ça va bien, vois-tu, il ne faut pas t’en faire… »

Un mot suffit parfois pour faire une prison.
Confiant, je t’ai laissé, naguère souriante
Au seuil de ta maison. C’était l’été, encore,
Tu parlais de tes fleurs, des pois, des haricots,

De ce bout de jardin bêché après l’aurore
Ta voix en chaque chose éveillant des échos
Tu disais « l’an prochain il faudra que je plante… »,
En oubliant le temps, qui sait notre illusion.

Mais une borne attend où sera notre nom
Au champ où vont dormir les âmes sous la terre.
Et voici ce matin, une lettre m’a dit

Calmement, de ta main, l’infâme maladie,
« Mais ça va bien, vois-tu, il ne faut pas t’en faire… »
Un mot suffit parfois pour faire une prison.

octobre 2008

Publié dans Souvenirs

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Avisferrum 16/03/2018 15:07

Tant de choses dites en si peu de mots et avec beaucoup de pudeur...

Magnifique poème, merci !