Chevet de l’absence

Publié le par Lionel Droitecour

Auguste Renoir (1841-1919) Après le Déjeuner, détail

Auguste Renoir (1841-1919) Après le Déjeuner, détail

C’était l’ami d’un soir… Une fois par semaine
Il s’en venait, bonace, affronter les cancans.
Nous parlions de la pluie, du beau temps, des boucans
Rien qui soit vraiment digne, ici, que m’en souvienne.

Et puis de nos tracas, de nos vies, des enfants ;
De cent choses qui font l’âme de nos rondins
Dont se tissent nos jours vides et anodins ;
De ceux qui viennent, vont, sans l'or des oliphants.

Puis nos verres choquions et buvions en silence
Le vin de l’amitié qui s’épanche sans heurt
Et mouille cette rive emportant notre ennui.

Désormais vers le soir, lorsque monte la nuit,
Vide, ton sablier ne compte plus nos heurs
Et mon cœur se pourmène* au chevet de l’absence.

avril 2007

* Pourmener : en français moderne promener... Alors pourquoi tu dis pas "promener", dirons les esprits chagrins ?
Eh bien je les laisse à leur chagrin et je m'esjouïs des belles sonnailles de noustre vieil parler françois...

Publié dans Sensation

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