Distraite sentinelle

Publié le par Lionel Droitecour

... Et je trace hors de moi, distraite sentinelle, / Le secret apparat de ma rive mortelle...

... Et je trace hors de moi, distraite sentinelle, / Le secret apparat de ma rive mortelle...

Une clé pour ouvrir la barrière du songe,
La fatigue ne peut, tandis que je m’allonge,
Suffire à me conduire en la pente du rêve,
Un poème souvent m’y surprend et m’enlève.

Et c’est par effraction que j’entre en cette lice,
Malandrin de l’orgueil au verbeux artifice ;
Le sonnet sonne au gré de cette villanelle
En l’orée du sommeil et sa vague plurielle.

Si je ferme les yeux, il sort de sa tanière,
Et, bizarre il induit ma rime à sa manière,
Maître de ces échos qui frappent mon oreille.

J’abdique mon remord au chevet de ma veille
Et je trace hors de moi, distraite sentinelle,
Le secret apparat de ma rive mortelle.

juillet 2015

Publié dans Art poétique

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