L’étrivière

Publié le par Lionel Droitecour

... Pourtant ce n’est jamais l’hier en sa rivière / Qui renaît, au matin, de mes grises stupeurs ...

... Pourtant ce n’est jamais l’hier en sa rivière / Qui renaît, au matin, de mes grises stupeurs ...

Ce qui s’élève en moi d’imperceptibles plaintes
J’en sais la trame exacte, au secret du discours.
Mon dol y transparait, tant de fois réécrit,
Dans l’écume légère où les marées vont paître.

Un poème est toujours ainsi qu’une aube à naître,
On sait de quel côté du ciel elle s’inscrit,
Où la lumière, ici, va couronner son cours
Dans la ténèbre éteinte en de mornes complaintes.

Pourtant ce n’est jamais l’hier en sa rivière
Qui renaît, au matin, de mes grises stupeurs,
Après l’or enflammé d’une pourpre splendide.

La beauté vient déchoir au sein d’un cœur livide
Et la splendeur du jour, en ses vives lueurs ;
Poète assassiné d’un cran sur l’étrivière.

novembre 2012

Publié dans Sensation

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