Paresse

Publié le par Lionel Droitecour

Vincent Van Gogh (1853-1890), Saules têtards au soleil couchant, détail

Vincent Van Gogh (1853-1890), Saules têtards au soleil couchant, détail

Au mitan de l’été la ville est comme éteinte,
Assoupie, désertée, évidée de sa plainte.
La brise y vient chanter, aux grands bras des érables
De lentes cavatines que ces chœurs vénérables,

Ondulante prière, effeuillent d’un murmure.
Le soleil, indolent, nous chasse et nous emmure
Blottis dans la pénombre où veillent les persiennes,
Dans la fraîche langueur des molles méridiennes.

La paresse attiédie va à l’amble du jour,
Quêtant vers les midis de vastes abat-jour
Retirés des foyers qui guettent le faraud.

Et dans le clair-obscur où les heures s’enlisent,
Dans l’attente du soir brûlant au lamparo,
Nonchalamment nos corps vont et viennent, s’épuisent.

juillet 2006

 

Publié dans Sensation

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