Vagabonds de l’âme

Publié le par Lionel Droitecour

Giovanni di Giusto Betti, dit Jean Juste (1485-1549) Transis de Louis II et Anne de Bretagne

Giovanni di Giusto Betti, dit Jean Juste (1485-1549) Transis de Louis II et Anne de Bretagne

Ce n’est qu’au crépuscule que s’éteint l’aurore ;
Dans le cœur de la nuit parfois, mille étincelles
Réveillent ces échos d’indicibles clartés,
Moribondes lueurs au ciel de notre angoisse.

Et l’on avance, amer, en cela qui nous froisse,
Aux contrepoints sans nombre de nos apartés,
Victime de soi-même aux obscures venelles
Où se perd le désir dans l’illusion sonore.

Les vagabonds de l’âme ainsi vont en transit,
Passagers d’un discours autant que d’un mensonge,
Ressassant le charroi de leur propre misère.

Ainsi sommes nous ombre, en l’intime lisière,
Ignorant d’absolu au remord qui nous ronge
Et, dès avant la tombe, immatériel transis.

août 2016

 

Publié dans Fongus

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