Dans le charroi de l’heure

Publié le par Lionel Droitecour

... Nulle fragrance, aux nues, pour être ma demeure ...

... Nulle fragrance, aux nues, pour être ma demeure ...

J’ai refait ce matin le compte de mes gloses.
Certes, j’ai travaillé la pâte et le levain,
Certes, j’ai enfourné et vu blondir mon pain,
Certes, dans mon jardin fleurissent quelques roses.

J’ai été ce quidam encombré de sa prose,
Opiniâtre scripteur englué dans le verbe,
Ce ne fut, je le crains, qu’une futile gerbe
Et, si je continue, j’ai la plume morose.

Demain peut-être un livre autrement que posthume,
Quant à la vaine ivraie de la postérité,
Qu’en ferai-je, tantôt, dans mon altérité
Fantôme dissipé que l’idéal consume ?

Il n’y aura plus d’aube en ma livrée d’éther,
Nulle fragrance, aux nues, pour être ma demeure ;
Absence exaspérée dans le charroi de l’heure
Je ne serai plus rien dans l’ombre délétère.

septembre 2015

 

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