Déploration de l’aurore

Publié le par Lionel Droitecour

... Et nous restons sans fruit, qu’un rêve en son ouvroir / Comme l’enfant mort-né qu’on appelle l’espoir ...

... Et nous restons sans fruit, qu’un rêve en son ouvroir / Comme l’enfant mort-né qu’on appelle l’espoir ...

J’ai jeté, ce matin, une larme au néant,
Une larme de plus, noyée en ce méandre :
Ainsi, devant l’éther un océan déplore
Où, marées, nos chagrins nourrissent une aurore.

Voici, qu’après la nuit on cherche les élans
Qui porteront nos corps, un peu plus lourds et lents,
À chaque jour passé à se taire et se vendre
En la foire d’empoigne où ce monde est béant.

On s’appareille, on jure, on s’apprête et se ment
Et puis on recommence et demain, gréement
Où pend notre voilure en berne on va, gisant,

Comme une sépulture promise au brisant.
Et nous restons sans fruit, qu’un rêve en son ouvroir
Comme l’enfant mort-né qu’on appelle l’espoir.

novembre 2010

 

Publié dans Amour

Commenter cet article