Antimatière

Publié le par Lionel Droitecour

... Tenter l’éternité, levains ou bien terreaux / Parsemé dans l’azur au plus vaste d’un rêve ...

... Tenter l’éternité, levains ou bien terreaux / Parsemé dans l’azur au plus vaste d’un rêve ...

1.
Et nous serons, demain, passager d’illusion,
Emplit ton balluchon, dérisoire histrion,
Et comme il te faudra apprivoiser la lune
Apprend quelque refrain pour payer ta fortune.

Le vieux Charon dit-on, exige qu’on le paye :
Sur ta langue une pièce, un chant, tout se monnaye,
Qu’auras-tu à conter aux étoiles lointaines,
Aux comètes lassées éblouissant leurs traînes ?

Auras-tu dans ce fond, sans bord maintes limites
Où le temps est un lieu, où s’impriment nos mythes
Une borne, jalon pour courir sur ton erre ?

Ou seras-tu pressé de rejoindre la terre
Comme un enfant mort né dépourvu d’avenir
En cette chair blessée où tout peut survenir ?

2.
Pour moi j’inventerai pour quelques millénaires,
S’il se peut, aux fournils des instances stellaires
Une errance éconduite aux racines du sens,
Assoiffée de déprendre forme en ce vain cens.

Ah, fuir en la lumière aux confins sidéraux !
Tenter l’éternité, levains ou bien terreaux
Parsemés dans l’azur au plus vaste d’un rêve,
Pour éblouir l’éther entier qui se soulève,

Marée, comme une rive où l’océan se perd !
Nous serons toi et moi antimatière, paire,
Promise à se défaire en éclat d’énergie,

Au lieu d’une rencontre où notre âme est surgie.
Feu, comme le soleil, Amour, nous renaîtrons
Pour peupler de désir le chant des électrons.

mars 2011

 

Publié dans Spiritualité, Amour

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