Aux rives du silence

Publié le par Lionel Droitecour

... Fantôme d’un bonheur divaguant dans le soir ...

... Fantôme d’un bonheur divaguant dans le soir ...

Plus d’une fois, passant devant tes portes closes,
Maison abandonnée aux fenêtres murées,
Dressée, seule, au jardin envahit par la ronce,
J’ai, dans ma nostalgie, rêvé ce que tu fus.

Une désolation trouve, en nos cœurs diffus,
Un écho ajouré où notre âme s’engonce,
Elle touche aux régions où repose, épurées,
Les trames du remord en nos rumeurs moroses.

Élégante bâtisse où le temps s’arrêta,
Jadis, une famille en cette belle enceinte
Vit habiter sa joie, son cours et son espoir,
Et peut-être son deuil en sa douleur posthume.

Et le poète, ainsi, en sa rime l’exhume,
Fantôme d’un bonheur divaguant dans le soir,
Ectoplasme d’un songe à l’antique complainte
Où le verbe au discours singulier s’apprêta.

C’est une dédicace aux marées de l’absence,
Un graffiti amer sur la brique mal jointe,
Une rune tracée aux parois de l’oubli,
Une feuille envolée aux ramures d’automne.

Et voici l’autre jour, que mon œil monotone
A vu ton agonie en l’ultime repli,
L’incendie à crevé ta toiture disjointe,
Et ta ruine gémit aux rives du silence.

septembre 2013

 

Publié dans Sensation

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LADY MARIANNE 12/07/2018 11:03

un coucou !
je lis tes poèmes chez un autre blog qui partage- un poil dans la main ?
bisous- bonne journée-