En nos stupeurs

Publié le par Lionel Droitecour

... Conscience, en nos stupeurs, où te déguises-tu ? ...

... Conscience, en nos stupeurs, où te déguises-tu ? ...

Je sais ce que je vaux et n’en ai nulle estime,
C’est sans aménité qu’au soir je me contemple,
De toutes veuleries je me donne en exemple,
Excuse est, à mes yeux, un enfer magnanime.

Je sais l’aube perverse où je n’ai rien commis,
La sordide pulsion à l’œuvre sous la chair,
Ce que désir ardent travestit de son flair,
Où l’âme vacillante est prête au compromis.

La crainte est ici-bas notre seule vertu,
Délivré du bourreau l’homme est une embuscade,
Sa glose cannibale habillée de raison.

Mais tout demeure en nous comme morte saison,
Source hideuse à jaillir en la moindre incartade.
Conscience, en nos stupeurs, où te déguises-tu ?

mai 2013

 

Publié dans Autobiographie

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