La loi des gueux

Publié le par Lionel Droitecour

Honoré Daumier (1808-1879), les tritons de la seine, lithographie, 1864

Honoré Daumier (1808-1879), les tritons de la seine, lithographie, 1864

Prendre est la loi des gueux, saillir leur seule issue,
Jouir du monde sans joie pour le mieux rançonner,
Une matraque vaut à ce compte un sonnet
Et la rage est un dieu pour la morne sangsue.

En ce monde partout il est engeance veule,
La gente de Panurge assoiffée d’obéir,
Prompte à chercher toujours une cause à haïr,
Devant le croc du loup, comme grain sous la meule.

Et c’est comme une meute en sa désillusion
Qui se veut identique et rejette l’éclat,
La gemme en ce ragoût se nomme soumission.

Maudit qui se distingue au jeu de ressemblance,
Haro sur le gêneur, pour lui tinte le glas,
Il ne sied point ici qu’on parle d’espérance.

juin 2012

 

Publié dans Citoyen

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