Glissement

Publié le par Lionel Droitecour

... Pourquoi tendre ces mains que nul ne veut saisir ...

... Pourquoi tendre ces mains que nul ne veut saisir ...

Ça ripe, je le sens, tout s’en va de travers
Et je me laisse aller, rétif, vers les envers,
Sur le fil d’une lame ainsi le fil du bois
En l’âme d’un violon au rebours des émois.

Puis ce rien qui parfois bascule en notre tête :
On espère tantôt que tout cela s’arête
Et l’on s’apprête au jour, pour un acte, éberlué,
Mais la pièce est mauvaise au comédien floué.

Et la nuit qui s’en vient rappelle la défaite
Et l’on se sent glisser comme tuile du faîte ;
Mais s’agripper pourquoi, pourquoi se retenir,

Pourquoi tendre ces mains que nul ne veut saisir
Plutôt que de glisser et puis s’évanouir
Puis, cendre, enfin se rendre où va l’aube imparfaite ?

mars 2007

Publié dans Sensation

Commenter cet article