La blessure

Publié le par Lionel Droitecour

... Devant ces quelques murs que mon remords cela / J’ai retrouvé, transi le seuil de mon absence ...

... Devant ces quelques murs que mon remords cela / J’ai retrouvé, transi le seuil de mon absence ...

On montait, je le vois, cinq marches d’escalier.
J’étais petit, alors, elle paraissait grande
La première maison où est ma remembrance.
Nous étions trois garçons et une sœur, défunte,

Dont la secrète voix nourrissait chaque plainte.
Son nom imprononcé, ce voile de souffrance
Qui nimbait notre enfance à jamais en demande :
Nous étions tels rameaux dépourvus d’espalier.

Et ce manque resta à jamais creusé, là ;
Telle borne ruinée au seuil de l’existence,
Ce malheur de famille a mangé l’insouciance.

Devant ces quelques murs que mon remords cela
J’ai retrouvé, transi le seuil de cette absence,
Comme mon cœur jadis qui, sans cesse, appela.

décembre 2006

 

Publié dans Autobiographie

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