Chanson de l’eau

Chanson de l’eau

... Que chante la mer sans repos, moirant d’écume nos coteaux qui rythment sans fin son tempo ? Les poissons pleurent-ils dans l’eau ? Y versent-ils tous leurs sanglots ? Et puisqu'ils sont salés, les flots N'est-ce du sel de leurs yeux clos ? Et les...

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Âme damnée

Âme damnée

Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni (1475-1564), L’âme damnée Prince, sonnez ! Là, poinçonnez, Point ce sonnet, Emprisonné ; Non pas inné N’est l’âne né, Donc n’ânonnez, Na, l’aune au nez ; Même aux menées, Nenni n’y est Nul n’est renié ; Ne condamnez,...

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Les Italiens

Les Italiens

Giuseppe Pellizza (1868-1907), le quatrième état, détail Ils parlaient tous les deux avec un fort accent, Et la langue italienne à leurs lèvres chantait Encombrant leur français de formules bizarres. Ils cultivaient jardin à coté de mon père : « Ce sont...

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Une rose assassinée

Une rose assassinée

... Sur le morne bitume habillé de grisaille, une rose écrasée, qu’une foule décime ... La neige avait péri sous le sel et la boue : Délétère, en l’orée, l’homme en fait un magma Aux froidures d’hiver, qui patauge en son crime, Là, dans ce meurtre affreux,...

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Un souvenir de vous

Un souvenir de vous

... Je vous regardais vivre à quelques pas de moi où vous resplendissiez, fragile jeune fille ... Il est, en ma mémoire, un précieux souvenir, En mon âme l’image n’en saurait ternir ; Rieuse, vous jetiez une mèche frivole, En un geste gracieux, par-dessus...

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Tels sont les éphémères

Tels sont les éphémères

... je plaignais le sort des petites bestioles qui dansaient à nos yeux, au seuil de nos étés ... « Ils ne vivent qu’un jour, ce sont des éphémères »… Mon père souriait, en ces simples récits, Quand je plaignais le sort des petites bestioles Qui dansaient...

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Bel humour

Bel humour

Oscar Wilde, (1854-1900) Il est le cœur contrit qui fait belle figure, L’âme, comme la cendre éparpillée au vent ; Désabusé, railleur, avec légèreté, La ride au coin des yeux, le sourire un peu las. Il s’amuse d’un monde qui ne lui plaît pas, Spectateur...

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Rembrandt

Rembrandt

Rembrandt Harmenszoon van Rijn, (1606-1669), Le retour du fils prodigue, détail Peut-on donner sans pardonner ? N’est-ce donc que pardon, un don ? Étrange est la proximité D’un terme en son extrémité. Et qu’est cela que je reçois De celui que mon cœur...

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Ex cathedra

Ex cathedra

... J’ajoute mon silence aux voix qui se sont tues, millénaires pavois de notre âme livide ... (Pour être tant de fois passé au pied de la cathédrale de Strasbourg) Ah, c’est une falaise, effondrée à nos yeux, Plutôt qu’échevelée vers l’azur qui l’appelle...

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Pauvre pêcheur

Pauvre pêcheur

... Pêcheur plein de remords je prie tel un apôtre. Dès ce soir je ferai acte de contrition ... « Juste entre les deux yeux ! », dit mon père, en riant. Et je ferme les miens... Dans mes doigts, gigotant, L'asticot innocent que je m'en vais, tremblant,...

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Encens

Encens

... Aujourd’hui de tous ce mystère fumant sous les voûtes de pierre, me restent des odeurs d’encens ... 1. Il fallait aller à la messe. Point de dispense ! Et à confesse, Et puis apprendre les cantiques, Louchant les notes de musiques. « Credo, credo...

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Couleurs de la gourmandise

Couleurs de la gourmandise

... La tarte de rouge drapée, de confiture, elle est exquise ... Elles sont collantes, sucrées, Les couleurs de la gourmandise ; Ventrues, religieuses glacées, Millefeuilles comme banquise. La tarte de rouge drapée, De confiture, elle est exquise, La...

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tohu-bohu

tohu-bohu

... En cet avoir sans but les êtres s’emprisonnent ... dans le tohu-bohu des âmes déportées ... Les objets inutiles, vains, nous environnent, Egarant nos regards sous le vide obsédant De l’abside des vies avides, désertées. La mémoire se meurt, nos mains,...

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Détail

Détail

Une vue du camp de concentration nazi du Struthof, près de Natzwiller, en Alsace Il est, prés de chez moi, au fond d’une vallée, Un lieu sombre et venteux où les pins se lamentent. L’enceinte barbelée veille au camp du Struthof Si, des baraquements, abattus...

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Feux follets

Feux follets

Les nuées pleuvent sur la terre. Aux crins humides des chevaux Vont bourrasques, à reculons, Où sont nos trames vagabondes. Ainsi que pleure sur nos bondes Un monde qui nous sonde, allons, Par les sentes des mortes eaux Livrer notre âme solitaire. Et,...

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Vigie

Vigie

Du haut des terrasses du château de Grignan Tu m’as donné de toi une part de l’intime. La muse en moi surgit, philosophale pierre, Pour faire d’un éclat la gemme d’un poème. Plus qu’aucun autre, ami, tu sauras mon ciseau. Dans le marbre des mots, incise...

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Mes sens échansons

Mes sens échansons

Antoine van Dyck (1599-1641), Sanson et Dalila, détail Mais hantés ces chants, sont : messe athée, j’ai cent sons. J’étais sans échanson : il m’a jeté, Samson. Méchant sensé Samson, sont-ce façons ? Cessons ! J’aime Élodie, les mélodies que mêle, Odile...

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Boucle

Boucle

... L’instant me retient en ses maies : Suis-je ou bien serais-je jamais ? ... Le cercle se ferme, compas … J’ai usé beaucoup de savates, Sans doute pas mal de cravates, Combien d’entrechats sur l’asphalte, Combien de jours, pour quelle halte ? Que m’importe...

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Aubade des gueux

Aubade des gueux

... Lâche soit le Philinte en sa douceur décente, Alceste au moins s’enrage et maudit le factieux ! ... Le front toujours levé, court sur pattes, trapu, Pareil à ces roquets braillards et forts en gueule, Monsieur l’indispensable, empli de sa personne,...

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Prélude à l’âpre

Prélude à l’âpre

Claude Debussy, (1862-1918), Prélude à l’âpre où médit l’aphone ( où médit l’aphone ) L’homme aux faunes nie Que l’homophonie Soit l’homo phobie De l’homme au faux bis. En sommes faux bruit : Aux sots l’info nuit Aux saints la symphonie D’essaim, nymphe...

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